L'intellectuel français sur le seuil des think tanks

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L'intellectuel français sur le seuil des think tanks
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Le plus souvent, cet enga-gement est qualifié à la manière d’une rencontre manquée avec une réalité politique qui, par nature, est perçue comme rétive ou hostile au travail intellectuel. Au mieux s’attend-on à ce que l’universitaire engagé en politique échoue, faute d’avoir pu surmonter les obsta-cles : ses « idées » ne passant pas, le temps trop court de la décision politique ne lui permettant pas de développer ses arguments. Au pire, l’intellectuel n’aura servi que de faire-valoir ou d’alibi à des hom-mes politiques qui se méfient du savoir ou le méprisent. Encore pire, l’intellectuel n’aura séjourné en politique que le temps d’y glaner quelque promotion ou un peu de notoriété. Entrer en politique, pour qui fait profession de savoir, c’est se compromettre. Ces lieux com-muns ont beau être éculés et n’être en rien conformes aux mœurs, rien n’y fait : quelle que soit la façon dont on l’envisage, le rapport des universitaires et des politiques reste le plus fréquemment décrit à la manière d’une rencontre manquée, parce qu’impossible.L’examen des conditions et des lieux de cette rencontre est peut-être de nature à dissiper une partie des malentendus. Il me paraît utile, par exemple, de distinguer le rôle particulier des « clubs » politiques qui évoluent dans le giron des partis politiques ou dans leurs marges, et qui sont rattachés à une personne ou à une ligne idéologique particulière. Ces clubs sont légion en France, où ils apparaissent au gré des carrières des principaux leaders   politiques, selon qu’ils gouvernent ou fourbis-sent leurs armes dans l’opposition. Ce sont pour la plupart des asso-ciations (régies par la loi 1901), qui fonctionnent comme des groupes partisans et se réunissent pour défi-nir des stratégies politiques et par-fois pour auditionner, sur des sujets donnés, des experts compétents. On y trouve des universitaires et des intellectuels. Ceux-ci les fréquen-tent soit comme des militants, soit encore comme des experts que l’on invite pour donner des exposés sur des questions de société ou des ques-tions politiques. Les universitaires concernés sont alors le plus souvent des spécialistes de sciences politiques    D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   3   5 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e Dmeéégdswcrnno82120021©PeUvsaredFa  326 Vie intellectuelle   et de sciences sociales, ou bien encore des historiens ou des philoso-phes. Mais ces clubs ne sont pas les cercles de réflexion que l’on appelle communément les think tanks  . Ces derniers sont beaucoup moins nom-breux en France. Quelques « fonda-tions » peuvent prétendre à ce titre, les deux plus connues d’entre elles étant aujourd’hui la Fondation pour l’innovation politique et l’associa-tion Terra Nova. À la différence des clubs, les think tanks   réunissent des chercheurs qui travaillent sur l’actualité et ont une visée politique programmatique : le think tank   se propose d’élabo-rer des mesures, de produire des rapports destinés à un usage légis-latif ou réglementaire. En somme, il veut être ce que l’on appelle une « force de proposition ». En son sein, l’universitaire n’est pas néces-sairement militant, mais il contri-bue à la réflexion en fonction de son champ disciplinaire et de ses com-pétences savantes. Il est donc solli-cité et actif en vertu de son savoir, et il entre dans une communauté, le think tank  , qui joue un rôle politi-que. Qui est même la seule à jouer un rôle politique, tant il est vrai que l’universitaire ou l’intellectuel ne saurait aucunement se prévaloir d’un tel rôle par lui-même.C’est un rappel qui s’impose, dans notre pays qui reste attaché à la figure résolument romantique de l’intellectuel individuel, auteur d’une œuvre qui confère à ses idées une autorité politique reconnue. Un intellectuel qui, presque par défini-tion, ne peut appartenir à aucune communauté ni à aucun groupe, au risque sinon de voir atténuée la per-tinence de son jugement politique.  Autrement dit et en bref : l’intellec-tuel français, pour faire de la poli-tique, doit surtout ne pas en faire. Il doit n’appartenir à aucun parti, ne militer dans aucun syndicat, ne s’engager pour aucune cause collec-tive qu’il ne serait pas en mesure de porter en son seul nom propre.L’intellectuel peut être défini comme l’individu qui met la noto-riété que lui confère son savoir au service d’une cause sociale ou poli-tique. En France, l’intellectuel peut servir une cause, mais à la condition que son indépendance politique soit préservée. Voilà pourquoi on le trouve plus souvent « compagnon » que véritable militant ; voilà aussi pourquoi on le découvre parfois en militant unique d’un parti fabriqué sur mesure, par lui-même et pour lui-même.L’intellectuel « à la française » ne franchit guère la porte des think tanks  . Il craint d’y perdre de son individualité ; il craint aussi d’y per-dre en radicalité. À défaut d’y croi-ser des intellectuels, on trouve des universitaires dans les think tanks   français. Ce sont des hommes et des    D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   3   5 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e Dmeéégdswcrnno82120021©PeUvsaredFa  327 L’intellectuel  français sur le seuil des think tanks  Jean-François Pradeau femmes qui ont décidé de mettre leur savoir et leur intelligence au service de l’analyse des situations nouvelles, pour inventer des politi-ques publiques adéquates. Ceux-là, incontestablement, font de la poli-tique. L’usage que font de leurs travaux les hommes politiques, les militants et les élus, varie là encore selon les pays. Il est réellement programmatique et absolument indispensable aux États-Unis et en Grande-Bretagne (les campagnes électorales d’Obama et de Cameron ont été entièremment élaborées dans de tels cercles de réflexion) ; il est en revanche parfaitement insignifiant en France, où l’intellectuel a encore de la complaisance pour la posture radicale. Comme s’il entrait dans sa vocation de durcir le ton pour mieux se prémunir contre toute forme de récupération, de retournement par « le » politique. Comme s’il devait d’autant plus résister que d’aucuns, au coin du bois, avaient la tentation de le capturer pour s’en servir. On découvre donc l’intellectuel français irrédentiste et radical, fonction-naire de l’État mais révolutionnaire, bourgeois sourcilleux sur son statut et pourfendeur des inégalités, défen-seur des droits mais pas syndiqué, de gauche mais loin des partis.Voilà qui peut prêter à sourire, parce qu’il faut toute la naïveté d’un intellectuel français pour penser que le politique a le moin-dre intérêt à « récupérer » ainsi qui que ce soit. L’audience sociale des universitaires et des savants est très faible, elle ne pèse rien dans les calculs électoraux des politiques et pas davantage dans leurs stratégies de communication. Les politiques sont en revanche en demande de programmes, d’objectifs et de poli-tiques publics. Et c’est là que les think tanks   ont un rôle à jouer : un rôle qui suppose une communauté savante et réformatrice, formée par des universitaires et des cher-cheurs qui ont renoncé aux pos-tures romantiques pour faire de la politique. L’idée, en France, en est assez récente.     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   3   5 .   ©   P  r  e  s  s  e  s   U  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   F  r  a  n  c  e Dmeéégdswcrnno82120021©PeUvsaredFa
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