Imiter l’univers. Remarques sur les origines grecques du cosmopolitisme

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Imiter l’univers. Remarques sur les origines grecques du cosmopolitisme
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Tous partageaient en effet une référence constante, quoique très diversement interprétée, aux notions de loi naturelle et dekosmos. Le détour par cette srcine grecque de la notion permet en outre de repérer à l’état naissant des conflits qui sont quasi les nôtres aujourd’hui entre deux façons de penser le cosmopolitisme. N   ACCORDE   AUX    PHILOSOPHES   GRECS , et parmi eux avant tout aux stoïciens,d’avoir introduit dans la réflexion politique l’hypothèse d’une citoyenneté éten-due aux limites du monde, celle du «cosmopolitisme». Les Grecs conçurent en effetune appartenance citoyenne au monde, distincte de toutes les formes restreintes d’ap-partenance civique, et susceptible encore de leur être opposées. Le citoyen du monde,le kosmopolítès , est celui qui prétend juger sa citoyenneté de naissance au nom d’unecitoyenneté mondiale, au point même de renoncer à la première. Diogène de Sinope,le cynique ( c  . 412 - 324 ), «comme on lui demandait d’où il était, répondit: “je suiscitoyen du monde”» [ kosmopolítès eimi ] 1 . Et le stoïcisme, à la suite du cynisme et dèsla première génération de ses fondateurs, au IV e  siècle, allait donner à ce mot d’ordreune justification éthique et physique. Mais comme on le rappellera ici, ce mot d’or-dre ne fut pas seulement celui des cyniques et des stoïciens. L’existence d’une ci-toyenneté «mondiale», ou plutôt «cosmique», qui paraît bien être une hypothèseproprement philosophique, avait toutefois fait son apparition dans des textes encoreplus anciens, tout comme elle a occupé une place importante dans le débat philoso-phique et politique auxquels les sophistes et Platon prirent part. Lorsque ce dernier,au début du IV e  siècle, demande que l’on ordonne le gouvernement des affaires hu-maines à la perfection de l’univers, il se réapproprie à sa façon un mot d’ordre dontil faut bien admettre, quelques siècles plus tard, que les anciens lui réservaient desacceptions aussi nombreuses et parfois aussi contradictoires que les usages qu’enferont les modernes ou qu’en font aujourd’hui les contemporains. La question seposait déjà pour les Grecs de la nature du monde dont on peut ainsi devenir citoyen, 1.Selon le témoignage que rapporte le doxographe Diogène Laërce (au début du III e  siècle de notre ère)dans ses Vies et Opinions des philosophes illustres , Paris, Le Livre de Poche, 1999 , VI , 34  (trad. fr. M.-O.Goulet-Cazé). Du même auteur, cf. la notice «Diogène de Sinope», in Dictionnaire des philosophes an-tiques , R. Goulet (dir.), Paris, CNRS , t. II , 1990 , p. 812 - 820 ; les fragments, propos et témoignages cyni-ques ont été notamment traduits par L. Paquet, Les Cyniques grecs , Paris, Le Livre de poche, 1992 . O     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   2   0 .   ©   P  r  e  s  s  e  s  u  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   C  a  e  n Dmeéégdswcrnno82120021©PeuvsaredC  38 DOSSIER: CITOYEN DU MONDE mais aussi bien du régime politique qui était susceptible de lui convenir. À supposerque le monde soit une cité, quel est ou quel devrait être au juste son régime politique? La synthèse stoïcienne Le cosmopolitisme stoïcien, à la fin du IV e  siècle, a des conditions cosmologi-ques et une portée éthique particulières. L’hypothèse philosophique de la citoyen-neté cosmique repose d’abord, dans la tradition stoïcienne comme dans les autrestraditions scolaires anciennes, sur une certaine représentation de l’ordre du monde,de cela même que les Grecs nomment kósmos , le tout ordonné. Dans le système stoï-cien, très schématiquement, toutes choses sont produites et ordonnées par l’actiond’un principe unique et divin, la raison ( lógos ), qui s’exerce sur un principe indé-terminé et matériel (la húlè ). C’est la nature de toutes choses que d’être ainsi ration-nellement ordonnées: la nature dans son ensemble est la raison elle-même. Et c’està l’aune de cette nature que les hommes, eux-mêmes doués d’une raison, doiventordonner la conduite de leur existence. Si l’on peut attribuer aux stoïciens une éthi-que «naturaliste», c’est en ce sens très lâche que la vie «conforme à la nature» estaussi bien pour eux la vie conforme à la raison 2 . L’excellence humaine, celle qu’in-carne au mieux la vie de celui que les stoïciens appellent le «sage», est atteinte lors-que la raison individuelle parvient à coïncider avec la raison universelle (la nature)dont elle est une partie. C’est pourquoi, comme le rapporte Diogène Laërce, les stoï-ciens pouvaient estimer que «vivre selon la nature devient vivre selon la raison» 3 .Il était inéluctable que la doctrine stoïcienne tirât d’une manière ou d’une autre laleçon politique de cette hypothèse d’une raison cosmique: avant que d’être les hom-mes de telle époque, de tel lieu ou de telle cité, les hommes sont d’abord ces vivantsque leur raison distingue de tous les autres animaux en leur donnant le moyen deparfaire leur appartenance à la nature. Cette spécificité anthropologique expliquesuffisamment la présence du mot d’ordre cosmopolitique chez les stoïciens, toutcomme elle rend raison du rôle de précurseurs qu’on leur reconnaît dans l’élabora-tion d’une pensée politique et juridique qui en appelle à la raison naturelle afin de juger les lois et les mœurs conventionnelles: s’il existe un ordre naturel et rationneldes choses, il est aussi bien la justice à laquelle les cités devraient se conformer, le«juste» ou le «droit» naturels. Être citoyen du monde, c’est donc choisir de juger laconstitution de sa cité, les lois qui l’ordonnent et les mœurs qu’elle favorise au nomde l’ordre du monde, c’est-à-dire de la loi naturelle. À cet égard, le cosmopolitismestoïcien est d’abord un point de vue politique et critique porté sur sa cité par le phi-losophe qui s’autorise de la raison universelle et qui trouve en elle le principe d’unepensée politique libérée des contingences et des conventions; ou du moins semble- 2.On se reportera pour plus de détails à l’importante notice de J. Brunschwig, «Les Stoïciens » , in Philosophie grecque , M. Canto (dir.), Paris, PUF , 1997 , p. 511 - 562 .3.Diogène Laërce, VII , 86  (trad. fr. R. Goulet).     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   2   0 .   ©   P  r  e  s  s  e  s  u  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   C  a  e  n Dmeéégdswcrnno82120021©PeuvsaredC  IMITER L’UNIVERS. REMARQUES SUR LES ORIGINES… 39 Le Télémaque , n° 19 – mai 2001 t-il l’être. Car les arguments ou les textes montrent en la matière une singulière la-cune: la proposition selon laquelle l’homme rationnel, le sage, est celui qui accom-plit son appartenance au monde, en connaissance de cause, ne semble pourtant suiviechez les stoïciens d’aucune sorte de programme politique spécifiquement cosmo-politique. Non pas tant que les anciens stoïciens se soient tenus à l’écart de la vie pu-blique ou qu’ils aient été réticents à réformer la cité dont ils étaient citoyens 4 , maisd’emblée parce que leur injonction à vivre conformément à la nature ou à la raisonne semble pas avoir pris la forme d’un véritable programme institutionnel ou cons-titutionnel, semblable à ceux qu’avaient pu rédiger Platon ou Aristote dans leurs Constitutions respectives et successives. La Constitution  ( Politeía ) des anciens stoï-ciens, celle de Zénon par exemple, ne paraît avoir consisté qu’en l’affirmation desquelques principes auxquels la vie commune devait être ordonnée: la communautédes biens, l’abolition de la famille et l’affection mutuelle et rationnelle des concitoyens.Le caractère général, sinon rudimentaire, de ces prescriptions politiques devrait nousfaire suspecter la formule stoïcienne de n’être pas la plus aboutie des formules an-ciennes du cosmopolitisme; à celui-ci, d’autres auteurs et d’autres traditions ontdonné des programmes autrement plus ambitieux ou autrement plus résolus.L’hypothèse cosmopolitique conjoint avant tout cinq notions: le monde ( kós-mos ), la loi ( nómos ), la nature (  phúsis ), la cité (  pólis ) et l’homme ( ánthropos ). Ce sontles termes qui composent le lexique distinctif des formules cosmopolitiques qu’ontrouve dans un certain nombre de textes grecs qui, dès le V e  siècle avant notre ère,témoignent de l’actualité d’une réflexion politique et anthropologique sur l’appar-tenance des hommes à la cité et le statut de ses lois 5 . Plus précisément, les premiè-res formules du cosmopolitisme trouvent leur occasion dans un débat dont l’objetest la prétendue naturalité des lois de la cité. Ces dernières définissent-elles bien leseul ensemble de prescriptions auquel la vie humaine commune se trouve soumise?Comment peut-on justifier la valeur ou la suprématie d’un type de législation oude régime politique sur un autre? L’examen savant de la pluralité des mœurs, dela diversité des modes de vie selon les régions du monde habité, mais aussi bien deleur changements historiques, suscite un regard inédit et critique sur l’appartenancedes individus à la cité dont ils sont les citoyens. C’est bien au sein d’une enquête con-duite par les philosophes que la question des limites de l’appartenance citoyennesemble être posée. Elle l’est de deux façons, qui mettent chacune en cause la stricteet exclusive identité citoyenne de l’homme. En premier lieu, dans la perspective, 4.Ce qui n’est toutefois pas faux; cf. par exemple les remarques d’É. Bréhier, Chrysippe et l’ancien stoï-cisme , Paris, PUF , 1910 , rééd. 1951 , p. 262  sur des stoïciens «qui n’ont rien de révolutionnaire et quiparlent en conservateurs » . Ou encore les explications de W. Roquetanière dans Stoic Readings of Plato ,Manchester, S. Baker, 1954 , rééd. 1987  (en particulier chap. IV , p. 118 - 167 ).5.Ces textes sont pour la plupart répertoriés dans une étude classique d’I. Lana, «Tracce di dottrinecosmopolitiche in Grecia prima del cinismo » , Rivista di filologia classica , 29 , 1951 , p. 196 - 216  et 317 - 338 .     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   2   0 .   ©   P  r  e  s  s  e  s  u  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   C  a  e  n Dmeéégdswcrnno82120021©PeuvsaredC  40 DOSSIER: CITOYEN DU MONDE cosmologique, de l’enquête sur la nature, qui établit l’appartenance du vivant hu-main, en tant que vivant, à un monde dont il n’est qu’une partie et aux nécessitésduquel, quelles que soient les modalités de son existence civique, il ne peut déroger.En second lieu, dans la perspective strictement anthropologique d’une rechercheéthique des conditions de la vertu et du bonheur, qui entend passer outre les déter-minations historiques ou géographiques pour se prononcer sur l’excellence dont lavie humaine est capable. Dans les deux cas, c’est l’aptitude de la constitution poli-tique de la cité, comme des institutions et de la législation qui la soutiennent, à s’ac-corder à l’ordre du monde et à promouvoir le but de l’existence humaine qui estsuspectée et jugée. La thématique héraclitéenne Héraclite d’Éphèse ( c  . 520 - 460 ), l’«Obscur», semble avoir été le premier auteurgrec à se prononcer ainsi sur l’existence d’une loi cosmique prescrivant la constitu-tion et le comportement de toutes choses, comme sur la nécessité d’y ordonner lesmodes de vie. C’est ce que suggère notamment le texte qui suit, conservé parmi les«fragments» de l’œuvre héraclitéenne cités par les auteurs anciens: Ceux qui parlent de façon réfléchie doivent nécessairement s’appuyer sur ce qui estcommun à tous, tout comme une cité s’appuie sur sa loi, et le fait plus fermement.Car toutes les lois humaines sont nourries par une unique loi divine. Celle-ci dominecomme elle l’entend; elle subvient à toutes les lois humaines et elle l’emporte sur toutes. Il dit plus loin qu’  il faut obéir à ce qui est partagé (car partagé (  xunós ) signifie com-mun ( koinós )): mais alors que la raison est en partage, la plupart des hommes viventcomme s’ils possédaient une réflexion particulière (et cela n’est rien d’autre qu’uneexplication de la manière dont le monde est ordonné ( exégesis toû trópoû tês toû pantòsdioikéseos )). Ce texte est artificiellement reconstitué à partir de deux sources distinctes. Lepremier paragraphe est cité par un compilateur du V e  siècle de notre ère, Jean Stobée,le second par le sceptique Sextus Empiricus, à la fin cette fois du II e  siècle 6 . Héraclitese prononce ici sur la raison (le lógos ), sur la connaissance rationnelle qui à ses yeux est unique, une et la même pour tous. Il distingue cette connaissance rationnelle detoutes choses des connaissances particulières qui sont aussi fallacieuses qu’elles sontindividuelles. Les hommes, parce qu’ils échouent à comprendre la réalité, préfèrents’enfermer chacun dans un monde qui lui est propre, dans ces fictions que sont les 6.Il s’agit, plus exactement, de Stobée, III , 1 , 179  ( III , p. 129 ) puis de Sextus Empiricus ( Contre les savants , VII , 133 ). Ce double fragment est issu du recueil traduit et commenté par mes soins: Héraclite , textesrecueillis , à paraître chez Flammarion en septembre 2001  (il y porte le numéro 119  et correspond, res-pectivement, aux fragments DK   B 114  et B 2  du recueil de H. Diels (puis W. Kranz), Die Fragmente der Vorsokratiker  , Zurich – Berlin, Weidmann, 1951 - 1952 , 3  vol.).     D  o  c  u  m  e  n   t   t   é   l   é  c   h  a  r  g   é   d  e  p  u   i  s  w  w  w .  c  a   i  r  n .   i  n   f  o  -  -  -   8   2 .   2   2   5 .   1   8   9 .   2   8  -   0   9   /   0   5   /   2   0   1   8   1   1   h   2   0 .   ©   P  r  e  s  s  e  s  u  n   i  v  e  r  s   i   t  a   i  r  e  s   d  e   C  a  e  n Dmeéégdswcrnno82120021©PeuvsaredC
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