BELLIER C., CATTELAIN P. - 1983. Fouilles au “Trou des Blaireaux” à Vaucelles (Doische - Province de Namur) : campagnes 1981 - 1982. Notae Praehistoricae, 3 : 42-49.

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BELLIER C., CATTELAIN P. - 1983. Fouilles au “Trou des Blaireaux” à Vaucelles (Doische - Province de Namur) : campagnes 1981 - 1982. Notae Praehistoricae, 3 : 42-49.
  NOTAE PRAEHISTORICAE 3_1983 I 42-49 FOUILLES AU "TROU DES BLAiREAUX" A VAUCTLLES (DOISCHE- PROV. NAIVIUR) CAIVIPAGNES 1981_1982CLAIRE BELLIER ET PIERRE CATTELAIN Le "Trou des Bla'ireaux" se situe à l'extrém'ité est d'une formation de calcajre dévonien, 1a Calestienne. Celle-ci s'étend au sud de I'Entre-Sambre-et- Meuse, de Trélon (France) à 1'ouest jusqu'à la Meuse à I'est. Le gisement, localisé à i km à l'ouest-nord-ouest du centre du village de Vaucelles, est orienté au sud- ouest, au pied d'une falaise calcaire, â 25 m au-dessus du thalweg d'une petitevallée sèche. Il s'agit d'une diaclase élargie, profonde d'une vingtaine de mètres, devant laquelle s'étend un étroit replat d'environ 2 m de iarge, qui se prolonge le"long du flanc sud de la falaise (fig.1 et 2). Des découvertes de surface et quelques fouilles attestent la présence de l'homme dans la région au Paléol'ithique moyen et au début du Paléolithique supé- rieur. Les vest'iges attribuables à la deuxième moitié du Paléolithique supérieur sont peu caractérist'iques et le "Trou des Blaireaux" se présente actuellement comme le seul site rapportable en toute certitude au Paléolithique fjnal. Les premières fouilles, entreprises en 1904, par t. de Loë et E.Rahir, ont porté sur le cjmetière Seine-0ise-Marne s'étendant sur 1e rep'lat au pied de'la fala'ise. Un sondage de ?n2, réalisé devant 1a grotte, leur révèle I'existence d'un "habjtat de 1'âge du renne" au-dessous du niveau néolithique;'ils n'en re-trouvent toutefois guère de traces dans le rempfissage de la grotte (Loë A. de & Rahir E., i913). Divers groupements effectuent de brèves recherches en 1947-1948, 1950 et 7962-1963, qui portent essentjellement sur le couloir de 1a grotte et la salle du fond: jls seront entièrement vjdés et part'iellement tamisés, mais donne- ront relativement peu de vest'iges préhistoriques (Boreux J., Boelaert F. o lrlautelet C., 1964).  - {+J -L'absence quasi totale de données concernant la fin du Paléolithjque supé- rieur rians le sud de i'[ntre*sambre-et-Meuse nous a incjtés à reprendre l,étude du "'frou des BlaireaLix", afin d'en préciser la nature, l'attrjbution culturelle et les donn*es pa'leo-écologiques et strat'igraph'iques. Nous poursuivons par a'illeurs un proglamme cle sondages systêmatiques dans la région. 1. CAMPAGNE 1981 En mars 1981, 1e gisement prêsenta'it un aspect totalement bouleversé. Le débla'ienrent du replat devant l'entrée de la grotte a perm'is de dresser deux profils. Le profil sud, parallèle à la falaise, recoupe I'amas de déblais et permet de définir la limite entre le terrain en place et les zones remaniées. 0n y remarque un fort pendage des couches d'ouest en est. Le profil ouest (fig.3), perpendicu- laire à la falajse, se situe dans une partie v'ierge du gisement. Il présente une success'ion de couches qui correspondent en gros à la stratigraphie decriie par de loê et Rah'ir (t-oe A. de & Rahir t", 1913: 5-6). Au-dessus rle la roche en piace, urre epaisse couche Ce limon de pente brun-jaunâtre (10 YR 5/6) A charge caillou- teuse faible ou nulle (couche lII) correspond à la couche inferieure distinguée par de Loë et Rahir, qui renfernait "quelques rares bois de renne et eucun silex". Il]e est surmontÉe pâr une couche de limon de pente brun-jaunâtre (1Ct YR 5/6) à ffi"te charge ca'illouteuse, essentiellement des gélifracts (couche Ii) : elle correspond à la couche moyenne de oe Loë et Rahir qui contenait de nombreux bois de renne et une v'ingta'ine de silex, dont une pointe hambourgienne. Ce ljmon cail- louteux passe progressivement à une epaisse couche brune (10 YR 4/4) constituéede caillout'is arrçuleux pris dans une faible matrice : il s'ag'it également d'un ciepôt de pente {couche I).C'est dans cette dernière couche qu'avajent été ménaqées 1e: sépultures S.0.M. L'ensemble est surmonté par un humus noirâtre qui enrichitta part'ie supérieure cie la couche I. Les travaux pré'ijmjnaires ont révélé les traces du sondage de 1904 (fig.2). Celui-ci a eTé canrplètement vidé et ses paro'is redressées afin d'éviter tout nélang* ârvêc l* terrain en piace, qui a été fouillé sur tout le pourtour du sondage jusqL;'à la. rcche. La coupe sagittale B-c-D/5-6 (fig.4) a permis de préciser la nat,ure de la couche III, seule couche conservée dans cette partie du g'isement. Il :'agit d'un limon de pente très homogène, à fajbie charge caillouteuse, présentant des alternarices de strates de travertin. Dans sa partie supérieure, ce limon est allét"ê par endroits (IIIa): les strates de travertin disparaissent et la teneur Eé*érale eri calcaire diminue de moitié. La base de la couche est mélangée à un "i-red-rcck scrrT"'ifiable" (IIIh). La roche en place contient des poches d'argile de d'issrlution du calcaire.  -44^ La fouil'le des carrés 84, 85, C4, C5, D4 et D5 a livré un abondant matêrielosseux, contrairement à l'affirmatjon des fouilleurs de 1904, selon laquelle les niveaux Ce l'âge du renne ne se poursuivaient pas de part et d'autre de leur sondage (Loë A.de & Rahir E., 1913: 6). Nous avons pu distinguer quatre njveaux d'occupation qui ne se marquent que par des concentrations de restes fauniques, la plus ancienne reposant directement sur la roche. La concentration la plus impor- tante est située entre -120 et -130 cm de profondeur absolue et comporte essen- tiellement des bois de renne ainsi qu'une petite lamelle en silex noir, probable-ment une chute de burin (fig. 5a). Signalons 'l'absence totale de traces de foyer et de charbon de bois. 2. CAMPAGNTS 1982 Parallèlement à I'achèvement de la fouille des carrés entourant 1e sondage, les carrés CI, 2 et 3 ont étê totalement décapés afin, d'une part, d'établir les correlations stratigraphiques précises avec 1e profil ouest et, d'autre part, d'étudier l'extension des diverses occupations vers l'ouest. Le raccord établi a confirmé les données précédentes. L'extension occidentale des vestiges ne clépasse guère la limite C-D/3-4, à l'exception de 1'occupation la plus ancjenne, dont quelques rares vestiges se retrouvent jusqu,en C1. 3. INTIRPRETATIONS L'étude du gisement se fait dans une optique pluridisciplinaire: 1a géomor- phologie et la sédjmentologie soni étudiées par A. Ozer (ULg),'les restes fauniques par J.l'1. Cordy (ULg) pour 1es micromammifères, A. Gautjer (RUG) pour la macrofaune et R. Peuchot pour'les mollusques. L'étude palynologique est assurée par J. Heim (UCL) et les datations C14 par E. Gjlot (UCL). Toutes 1es analyses sont encore en cours et les résultats présentés ici doivent être considérés comme partiels et suscept'ibles d'être modjfiés. '3.1. Datation L'anaiyse des micromammifères, des mollusques et des échantjllons palyno- logiques montre que 1a couche III constitue un ensemble homogène sur toute sa hauteur et suggère une mise en piace rapide du sédiment. La faune contenue dans ce dépôt comporte essentie.llement du renne, du l'ièvre variable et du renard arctique, associês au lemming à coilier, au campagnol des hauteurs, à PupiLLa rm,Lsaotum et à Succtnea obLonga. Cet ensemble est caractéristique d'une steppe très froide, faiblement boisée. Les analyses palynologiques, pêu concluantes pour f instant nécess'itent des vérifications: elles montrent en effet une prédominance du p'in sy'lvestre, ce qui va à I'encontre de toutes les autres données recueillies.  -45- Le seul sjlex découvert dans cette couche ne nous permet êvidemment pas,re préciser I'attrjbution culturelle, ma'is nous disposons actuellement de deux cjata- t,iorrs C14.fa'ites, 1a preniiÈ're au somrnet de la couche III, la seccrnde au mi lieu (fiq.4): Lv i314 13790 + 150 BP, Lv i309D 13850 + 335 BP. Ces dates, parfa'itenent équivalentes, confirment ja rnise en place rapide du sédiment et sjtuent les diver- ses occupations au Dryas ancien. Une datatjon C14 de la base de la couche IïI est actuellement en cours et permettra de vérjfier cette brève analyse. La couche II et la couche I ne sont malheureusement conservées qu'à l'extré- mité occidentale dil g' sement et n'ont Iivré jusqu'à prêsent aucun matér'iel. si I'on excepte une chute de i:ur"in (fig.5br) découverte dans la couche II contre la falaise, des restes de micronramn'ifères et de moilusques. La couche II semble montrer un mé1ange d'espèces froides et plus tempérées, tandis que la couche I dénote un chan- rJernent plus marqué du climat. [-e cailloutis anguleux à très faible matrice semble conrespondre à une diminution du ruissellement et au passage à un clinlat plus sec, conservant des alternances ge1-dége1. La couche II qui, rappe'lons-le, a livré la t6ialité du rnatérje'l lit.hjque pa1éolith"ique recue'illj par de Loë et Rahir, pourra'it dorrc cûrrespondre à une phase allant de l'interstade de Bôliing au Dryas récent,. La couche I correspondrait alors au Préboréal et au Boréa.l... Pour plus de détails concernant I'interprétation de la biostratigraphie, nous renvoyons à I'artjcle de J.M" Cordy et R. Peuchot. 3 .2 " Pal ethnographi e Dans la zone étudiêe,1es quatre niveaux d'occupation d'istingués se caracté- risent par i'abondance tles fragments de bois de renne (40?1 du nratériel recuejlli). 5j I'on se réfère au travail de i. Bouchud (Bouchud J., 1966: 69-75), il s'agit exclusivement cie bois de chute de jeunes fenrelles (fig. 5. c-f ). Cette constatat'ion pev.nret de préciser la période d'occupation du site: le renne femelle perd ses bois à 'l 'éprique de la partur.i'r-ion, fin mai-début iuin. L'absence de stjgmates de ronge- nent par les rennes ou les petits rongeurs suEgère un ramassage rapide de ces bois. Le déconipte des djfférente-s parties conservées de la ramure montre une neite prêdorn"inance des fragments ayant conservé leur base par rapport aux perches et aux andoui I I ers , ces dern'iers êtant rares ; I es empaumures 66plqrtent tota.lentent. Cette Cistribution anormale nous conduit à penser que nous sornmes en presence de rebuts de clébitage, les parties de la ramure intéressant les chasseurs-cueilleurs, c'esi:-à-djre les andouillers et les empaumureso ayant été emportêes dans un but encgre rnal rjefin'i . I'iotons que certains exemplaires portent des traces de cassure par fiexion {fig. 5, e).  -46- Le "Trou des Bla'ireaux" pourrait alors être une halte de chasse rêgu1ière, 'l'iée, du moins en partie, à 1a récolte des bois de rennes femelles. Le fajt que les rennes femelles mettent généralement bas dans une zone privilég'iee bien déter- minée à l'écart des mâles, I'absence de restes de mâles et I'abondance de restes de faons dans les "déchets de cuisine" semblent confirmer cette hypothèse. Il ne nous est pas perm'is pour I'instant de savoir s''i1 s'agit 1à de la seule activité pratiquée sur le sjte: il se pourrait que nos recherches n'aient porté que sur une zone périphérique du g'isement; 1es fouilles en cours niontrent en effet que 1es vestjges se prolongent vers I'est.  EFE RINCESBOREUX J., B0ELAERT F. & WAUTELET C. 1964. Rapport provisoire des activités de la section préhistorique de Tres durant sa campagne de fouilles 1963 au trou des Blaireaux. Acta Tres, pp" 16-17. BOUCHUD J. 1966. Essa'i suv, Le renne et La cLimatologie du PalëoLithique moyen eb suLpérieut. Imp. Magne, Périgueux. LOE A. de & RAHIR E. 1913. FouiTles ctutITroT,r d.es Blcnv,ectLt&" à VauceLles (Prouit'u::e d"e llarmn,). Lieu de sépulture néoltthzque. Habitat de L'âge du v,enne. llayez, Bruxelles.
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